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SPIK 2018: Le haut débit partout et tout le temps

En collaboration avec l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), le 11e congrès SPIK, qui s’est déroulé à Berne, s’est penché sur l’avenir de la communication au sein des services d’urgence. Les intervenants sont unanimes: la communication des données prend de plus en plus d’importance. «Tous les acteurs doivent coopérer pour bénéficier d’une solution optimale», a déclaré Peter Wüthrich, le responsable des infrastructures de l’OFPP. Les dernières innovations en matière d’informatique policière ont également été présentées lors du congrès de deux jours.

Berne, le 22 mars 2018. La communication prioritaire de données occupait le devant de la scène lors de la première journée du 11e congrès informatique de la police suisse (SPIK). Lors de son allocution introductive portant sur la communication mobile de sécurité (CMS), Peter Wüthrich, le responsable des infrastructures de l’OFPP, a exhorté à la mise en place d’un «corridor de secours» numérique dans le domaine de la communication mobile sécurisée, sur le modèle des bandes d’arrêt d’urgence qu’utilisent les services d’urgence sur les autoroutes.

«Le haut débit partout et tout le temps», a-t-il affirmé. Et d’ajouter: «En plus des réseaux des fournisseurs de services de télécommunication mobiles, nous devons activer de nouvelles antennes-relais, par exemple dans les zones frontalières, et les interconnecter avec tous les opérateurs dans le cadre du dispositif itinérance national.» M. Wüthrich a martelé avec conviction que la collaboration entre tous les groupes d’intérêt représente la clé du succès.

Grâce à des exposés captivants, Sanne Stijve (spécialiste LTE/5G pour l’industrie et les autorités chez Ericsson), Raphael Aebersold (Head of Public Safety Communication chez Swisscom Broadcast), Thomas Breu (responsable ICT chez la police cantonale de Saint-Gall), Iwan Schnyder (Business Development chez Axpo WZ-Systems) et Ulrich Borch (Global Head of Strategy Public Sector and Defense chez Nokia) ont démontré que leurs entreprises étaient prêtes pour la technologie 5G et qu’elles seront en mesure de répondre aux besoins des services d’urgence dans un futur proche.

Copernicus bouleverse le monde

Le SPIK a été ouvert au Stade de Suisse par Thomas Beer, coordinateur politique auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA). M. Beer a expliqué comment la vision du monde, et partant, le monde lui-même, ont été bouleversés par les promesses du programme Copernicus de surveillance de la Terre assistée par satellites. Le soutien assuré par des photos et des données destinées aux organismes d’intervention en cas de catastrophes naturelles, d’épidémies et d’urgences humanitaires a lui aussi été intégré à la réflexion.

L’intervention de Renato Krpoun, le directeur du Swiss Space Office, fut intéressante. Son exposé a été consacré aux derniers développements et au lien entre la numérisation, l’aéronautique et les nouvelles possibilités diverses qui en découlent pour la police et les autres services d’urgence.

«Cela fait longtemps que les satellites ne se contentent plus de diffuser des émissions de télévision et de l’imagerie météorologique», a-t-il ajouté. Le besoin de liaisons ininterrompues, d’une navigation précise ou d’informations en temps réel sur la planète Terre est d’ores et déjà un facteur important du développement du secteur aéronautique.

«Les satellites de télécommunications deviennent ainsi de plus en plus des systèmes de diffusion de données qui offrent des liaisons haut débit de point à point, notamment pour répondre aux nécessités critiques de communication», a déclaré M. Krpoun. «La cybersécurité devrait connaître une amélioration grâce à l’échange futur de clés cryptographiques quantiques par l’intermédiaire de systèmes implantés dans l’espace», a estimé M. Krpoun pour conclure son exposé.

Le réseau mobile Polycom a fait ses preuves de manière éclatante à Bondo

La première journée s’est terminée par l’intervention de Patrick Brunold, chef adjoint de l’état-major cantonal des Grisons. Il a relaté une fois de plus à l’assistance l’éboulement de Bondo. L’une des catastrophes naturelles les plus graves de ces dernières décennies s’est produite en août 2017 au Piz Cengalo. Immédiatement après l’éboulement, la police cantonale a lancé l’intervention initiale avec tous les partenaires de protection de la population grâce à Polycom, réseau radio national des autorités et des organisations chargées du sauvetage et de la sécurité (AOSS). «Qui veut commander doit pouvoir communiquer», a affirmé M. Brunold. Et d’ajouter: «Le réseau mobile Polycom a été utilisé dès le début des opérations de secours et il a fait ses preuves de manière éclatante.»

La caméra mobile a un effet désamorçant

L’exposé «Caméras mobiles: rapport d’expérience de Zurich» a suscité un vif intérêt lors de la seconde journée du congrès. Le capitaine Markus Hollenstein, patron du commissariat spécial, et Daniel Hänni, responsable informatique à la police municipale de Zurich, ont relayé leurs expériences pratiques de la caméra mobile, qui est utilisée depuis février 2017. Leur bilan personnel: la caméra vidéo portée de manière ostentatoire par les policiers a un effet désamorçant dans la lutte contre la violence et l’absence de respect vis-à-vis de la police municipale. Les résultats de l’essai encadré par la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) seront publiés prochainement.

L’exposé «Prédiction des crises internationales au moyen du Machine Learning» présenté par le ministère allemand des affaires étrangères et SAP Suisse a été particulièrement remarqué. La détection au bon moment des évolutions propices aux crises et une action décisive précoce constituent les conditions préalables d’une politique étrangère performante d’après les intervenants. C’est pourquoi le développement de mécanismes d’avertissement précoce est considéré comme un objectif central. Dans le même temps, nous devons relever le défi de volumes de données et d’informations sans cesse croissants. Nous nous concentrons toutefois trop sur la recherche et sur le conditionnement de l’information et trop peu sur l’analyse et sur la formulation de stratégies.

Un Chatbot en renfort

La présentation sur «MARTIN – un Chatbot de ELCA comme assistant virtuel du policier sur le terrain» a fait partie des temps forts de la manifestation. Dans le cadre de leurs activités sur le terrain, les policiers doivent respecter de nombreuses instructions juridiques et de multiples ordres de services. Pour cela, ils sont souvent amenés à consulter un manuel disponible en version papier ou au format PDF sur un appareil mobile. La présentation a permis de montrer comment MARTIN, un Chatbot sous forme d’application mobile, peut donner accès au policier, facilement et de manière structurée, aux informations dont il a besoin pour suivre la procédure. L’aide de MARTIN peut être requise par reconnaissance vocale ou par sélection des différentes étapes sur un écran tactile.

Pour conclure le congrès du SPIK en beauté, Thomas Ulrich a tenté de faire le lien entre le travail de police et l’aventure. L’aventurier et photographe de l’extrême y a décelé des parallèles surprenants.

Cette 11e édition du SPIK a rassemblé plus de 750 représentants de la police, des sphères économique et politique, ainsi que des experts informatiques de différentes branches en vue d’échanger leurs idées et de débattre des tendances. La plate-forme nationale d’échange d’expériences consacrée à l’informatique policière et à la lutte contre la cybercriminalité est organisée tous les ans. Les participants ont pu assister à 29 exposés et découvrir plus de 25 stands pour se convaincre de l’utilité des solutions présentées.

Informations complémentaires
Mark A. Saxer, gérant de l’association Swiss Police ICT
079 753 78 27, mark.saxer@furrerhugi.ch

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