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SPIK 2017: L’homme au cœur des préoccupations

Le SPIK 2017 a été l’occasion de discuter des nouveaux défis et ébauches de solutions. Différents domaines de l’informatique policière ainsi que la communication d’intervention en constituaient les thématiques principales. Les intervenants étaient d’accord sur une chose: la numérisation est synonyme de grands défis, mais également de nombreuses chances. Finalement, il s’agit par la technique de faciliter le travail des forces d’intervention et d’aider la population en quête d’aide et de conseils.

Berne, le 31 mars 2017. Le SPIK 2017 s’est tenu pour la première fois sur deux jours. Le premier jour a été consacré à la communication d’intervention, impliquant les systèmes d’alarme pour la population, le maintien des valeurs Polycom ainsi que le développement futur de ce dernier pour en faire un réseau de données efficace. Le deuxième jour de cette 10e édition du SPIK a été consacré à des sujets classiques relatifs aux centrales d’opération, mais également à l’analyse et à la visualisation des délits et des activités de la police.

Thomas Baumann, directeur suppléant du service de presse de la préfecture de police de Munich, a lancé le coup d’envoi de la première journée, consacrée à la communication. Le sujet: la fusillade de Munich et ainsi la communication en temps de crise dans le contexte de la gestion opérationnelle des événements.

Situation de départ: plus de 80 % de la population utilisent tous les jours Internet; en même temps, les structures des médias se disloquent, selon Baumann. Dans ce contexte, la quantité d’informations recueillies est colossale. Suite à la fusillade, les centrales d’opérations ont dû répondre à 4’761 appels; sur les réseaux sociaux, 72’000 messages ont été postés. Il s’agissait surtout de citoyens inquiets pensant avoir assisté à quelque chose de préoccupant, ce qui déboucha sur un nombre incommensurable d’interventions encadrées.

Résumé de la bonne gestion d’un événement tragique: la communication en temps de crise cantonnée à la radio et à la télévision ne fonctionne plus. Pour ne pas perdre de temps, il convient de joindre les citoyens là où ils se trouvent: sur leur smartphone, selon Baumann. La police doit également prendre toutes les peurs et les inquiétudes au sérieux.

Harmonisation de l’informatique policière
L’homme est au cœur des préoccupations, en particulier quand la technologie doit soutenir les forces d’intervention. Telle était l’idée centrale exprimée par Stefan Blättler, commandant de la police du canton de Berne et président CCPCS, dans ses mots d’introduction pour le deuxième jour.

Il a mis l’accent sur l’harmonisation sans pareille que l’informatique policière a su atteindre en Suisse, dépassant ainsi les frontières entre les cantons. «Il convient maintenant d’animer ce principe visionnaire», a expliqué Blättler. Dans le domaine des centrales d’opération et des applications policières, la numérisation a déjà bien avancé. La gestion du service d’appel d’urgence en Suisse (DLWL), le poste de police numérique Suisse ePolice en cas de vol de bicyclettes et de cyclomoteurs ou encore l’appli forces spéciales (SOE) en sont la preuve. Blättler pense plutôt qu’il faut accélérer les efforts dans le domaine des appareils de télécommunication, entre autres en ce qui concerne Polycom: «Une harmonisation dans toute la Suisse serait judicieuse.» En particulier parce que les cantons doivent se charger eux-mêmes des rénovations.

Un avis extérieur
Entouré de représentants de la police, de l’économie, de la politique et du secteur informatique, le philosophe et journaliste Ludwig Hasler a médité sur le sujet de la numérisation. «Tout va s’arranger. Donc empirer», voilà le ténor de sa thèse. Cela peut paraître rassurant, mais si l’homme en tant qu’élément perturbateur est retiré de la circulation par le numérique, l’homme en perd également sa responsabilité, selon Hasler. Les flux d’informations deviennent autonomes, plus vulnérables, l’agresseur devient technologique et anonyme. La quintessence du message: «Une société ne peut acquérir la sécurité qu’en abolissant la liberté. Le numérique pourrait y arriver.»

Cette 10
e édition du SPIK a rassemblé plus de 700 représentants de la police, des sphères économique et politique, ainsi que des experts informatiques de différentes branches. La plate-forme nationale d’échange d’expériences consacrée à l’informatique policière et à la lutte contre la cybercriminalité est organisée tous les ans. Les participants ont pu assister à 19 exposés, dont huit le premier jour, et découvrir plus de 30 stands pour se convaincre de l’utilité des solutions présentées.

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Source: Sascha Hähni/Association Swiss Police ICT

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